En France, ouvrir sa facture d’électricité relève parfois du coup de massue. Après deux années d’inflation qui ont déjà mis les nerfs et le portefeuille à rude épreuve, une nouvelle hausse est tombée au 1er août 2025. Elle concerne plus de 20 millions de foyers abonnés au tarif réglementé d’EDF et près de 4 millions de clients d’Engie, TotalEnergies ou d’autres fournisseurs indexés sur ce tarif. En clair, près de 25 millions de ménages voient leurs charges grimper.
Cette fois-ci, le prix du kilowattheure n’a pas changé. Le responsable ? La TVA sur l’abonnement, qui passe brutalement de 5,5 % à 20 %. Résultat : l’abonnement annuel moyen, qui coûtait environ 164 euros, atteint désormais 187 euros. Cela peut sembler dérisoire sur une année, mais cumulé à des factures qui dépassent déjà facilement les 100 euros par mois, l’addition pique. Dans une maison individuelle, on flirte même avec les 250 euros mensuels.
Pourtant, une bonne partie des Français équipés du fameux compteur Linky pourrait alléger un peu la note, sans changer ses habitudes de consommation.
Le réglage oublié du compteur Linky
C’est là que l’histoire se corse. Selon le fournisseur Octopus Energy, plus d’un Français sur deux disposerait d’un compteur Linky mal configuré. Concrètement, 56 % des abonnés auraient souscrit une puissance trop élevée par rapport à leurs besoins réels.
Sur Linky, la puissance choisie peut être de 3, 6, 9 ou 12 kVA. En théorie, elle correspond à la taille du logement et aux équipements utilisés. Dans la pratique, c’est souvent le réglage laissé par l’ancien occupant qui est reconduit, sans que le nouvel arrivant se pose de questions. Un célibataire en appartement peut ainsi se retrouver avec une puissance prévue pour une famille nombreuse équipée de radiateurs électriques partout.
Évidemment, plus la puissance est élevée, plus l’abonnement est cher. Et c’est précisément sur ce point qu’il y a moyen de récupérer quelques euros chaque année. D’après Octopus Energy, corriger ce paramètre permettrait d’économiser en moyenne 26 euros par an. Ce n’est pas le jackpot, mais c’est déjà de quoi compenser l’effet de la TVA.
Comment vérifier et corriger ce réglage ?
Bonne nouvelle : pas besoin d’un diplôme d’ingénieur pour vérifier la puissance de son compteur. Il suffit d’appuyer sur le bouton « + » de l’écran Linky pour voir la valeur affichée.
Si elle vous paraît excessive au regard de vos équipements (par exemple, 12 kVA dans un studio), il est temps de prendre les devants. Un simple appel à votre fournisseur suffit pour demander une modification. Certains proposent même cette démarche en ligne, via l’espace client. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce type d’ajustement ne nécessite pas l’intervention d’un technicien.
Un exemple concret ? Dans un deux-pièces chauffé au gaz, sans gros électroménager énergivore, une puissance de 6 kVA suffit largement. Passer de 9 à 6 kVA permet non seulement d’économiser sur l’abonnement, mais aussi d’éviter les factures gonflées par un réglage inutile.
Un petit geste, un vrai impact
Bien sûr, réduire la puissance de son compteur ne fera pas baisser la consommation pure. Si vous laissez toutes vos lumières allumées ou que vous multipliez les appareils électriques, la facture restera salée. Mais c’est un réflexe malin à adopter, surtout dans une période où chaque hausse fiscale ou réglementaire vient rogner un peu plus le budget des ménages.
En somme, vérifier la puissance de son Linky, c’est un peu comme faire le tri dans son contrat d’assurance ou dans son abonnement internet : une démarche simple, qui ne change pas le confort de vie, mais qui peut soulager le portefeuille. Et au fond, pourquoi payer plus cher pour de l’électricité que l’on n’utilise même pas ?














