60 millions d’euros débloqués : la Suède accuse les écrans de faire chuter le niveau scolaire

60 millions d’euros débloqués : la Suède accuse les écrans de faire chuter le niveau scolaire

Le gouvernement suédois a sifflé la fin de la récréation numérique dans les salles de classe ! Face à une chute constatée du niveau scolaire, la Suède fait machine arrière et pointe du doigt les écrans, omniprésents dans les écoles ces dernières années. La solution ? Rouvrir les vieux cartons de manuels scolaires et déverser un flot d’euros pour redonner au papier ses lettres de noblesse. Décryptage d’une volte-face éducative dont l’écho résonne jusqu’en France.

Quand la tablette détrône le manuel… puis l’inverse

Depuis une quinzaine d’années, la Suède a progressivement troqué ses manuels scolaires pour des écrans en tous genres. Au collège, il n’est pas rare de voir chaque élève équipé d’un ordinateur portable ou d’une tablette fournis par l’établissement. Révisions, recherches, devoirs : tout s’effectue désormais sur écran. Les Suédois n’ont pas été les seuls à plonger tête la première dans la vague numérique. En France également, de nombreux établissements ont adopté tablettes et PC portables en complément des manuels, notamment pour :

  • Visionner des documentaires ou des vidéos
  • Proposer des activités interactives comme des quizz
  • Encourager la recherche d’informations
  • Faciliter la communication entre enseignants et parents (le vénérable cahier de correspondance étant désormais remplacé par la désormais fameuse application Pronote)

Sur le papier (c’est le cas de le dire), toutes ces innovations semblent avoir tout pour plaire. Mais c’était sans compter sur l’envers du décor…

Le revers des écrans : concentration en berne et fatigue visuelle

Loin de n’apporter que des bénéfices, la généralisation des écrans à l’école a aussi révélé son lot de désagréments. D’abord, la concentration des élèves n’est pas au meilleur de sa forme, surtout pour ceux qui peinent déjà à rester attentifs. Il faut dire qu’entre une leçon de grammaire et la tentation d’aller jeter un œil à un jeu en ligne, l’arbitrage peut être cruel pour le professeur ! Même les parents avouent avoir du mal à vérifier si le PC familial sert bien aux révisions… ou si leur progéniture s’octroie une petite séance vidéo incognito.

Par ailleurs, selon une étude internationale citée, la lecture sur écran rétroéclairé s’avère plus fatigante que sur support papier. Résultat : la mémoire serait perturbée et la compréhension du contenu plus difficile, en particulier pour les plus jeunes élèves. Et ce n’est pas uniquement une question d’habitude : l’effet persiste, quels que soient la génération ou le niveau scolaire.

Côté équipements, les chiffres donnent le tournis. En Suède, dès 2018, un enfant sur cinq âgé de 5 à 8 ans possédait déjà son propre smartphone. En France, plus de la moitié des écoliers sont équipés d’un téléphone portable, un chiffre qui grimpe à 12 % pour les 9-10 ans. Pas étonnant, alors, que la question de la place du numérique à l’école fasse débat des deux côtés de la Baltique.

La Suède investit dans le papier et la France observe

Face à la baisse du niveau scolaire, la Suède opère donc un virage à 180 degrés. La ministre de l’Éducation, Lotta Edholm, regrette un manque de sens critique et un excès de confiance à l’égard du numérique. Elle constate même que dans certaines maternelles, on apprend à lire et à écrire… sur tablette ! Malgré de bons scores en compréhension de l’écrit à l’échelle européenne, la tendance générale est à la baisse.

Pour contrer cette spirale, le gouvernement a pris une décision musclée : il a débloqué 60 millions d’euros l’an passé, puis 44 millions d’euros cette année et autant prévus pour 2025. Objectif affiché : accélérer le retour des manuels scolaires, garantir un livre par matière et par élève, et redonner au format papier la place qu’il occupait autrefois. Le bon vieux manuel, indémodable, qui ne tombe jamais en panne de batterie !

Alors, la France suivra-t-elle l’exemple suédois ou restera-t-elle résolument connectée ? Le débat est ouvert. Mais une chose est sûre : que vous soyez du camp du papier ou du pixel, rien ne vaut, parfois, un bon livre à l’ancienne pour bien comprendre… et reposer ses yeux !

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