Figure centrale du secteur du recyclage en France, Jean-Luc Petithuguenin a annoncé qu’il quittait ses fonctions pour raisons de santé. À 68 ans, celui qui a bâti Paprec en trois décennies laisse derrière lui un groupe devenu incontournable, tout en transmettant progressivement les rênes à ses fils.
Une retraite imposée par la santé
Dans un message publié le 10 septembre, Jean-Luc Petithuguenin a officialisé son départ, regrettant que ses médecins l’aient contraint à « ralentir son rythme ». Le fondateur en profite pour remercier les 17 000 collaborateurs de Paprec, qu’il considère comme les artisans d’une réussite collective. Le groupe, présent dans dix pays et fort de 400 sites, a réalisé 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
La passation n’est pas nouvelle : depuis quatre ans, les activités françaises étaient déjà sous la responsabilité de ses deux fils. En juillet 2025, la division internationale leur a également été confiée, avec pour objectif de dépasser 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année. Paprec table désormais sur plus de 4 milliards d’euros de revenus annuels et 600 millions d’euros d’Ebitda.
D’une PME locale à un leader national
L’histoire de Paprec débute en 1994 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). À l’époque, Jean-Luc Petithuguenin, alors cadre dirigeant chez Compagnie générale des eaux (future Veolia), reprend une petite PME de 45 salariés, spécialisée dans le recyclage de papiers et cartons, qui affichait alors 4 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Trente ans plus tard, l’entreprise s’impose comme le leader français du recyclage, toujours détenue majoritairement par la famille Petithuguenin et restée indépendante, en dehors des circuits boursiers. Ce choix lui a permis de préserver une gouvernance familiale, tout en consolidant une place centrale dans toute la chaîne de valeur de la gestion des déchets : collecte, tri, valorisation organique, recyclage et commercialisation des matières premières.
Une vision industrielle et environnementale
L’évolution de Paprec illustre la transformation d’un secteur longtemps perçu comme secondaire, devenu un pilier de la transition écologique. En diversifiant ses activités, le groupe s’est imposé comme un acteur clé de l’économie circulaire, répondant à la fois aux besoins des collectivités et des entreprises.
Le départ de son fondateur intervient dans un contexte où la gestion des déchets et leur valorisation sont au cœur des enjeux environnementaux. Paprec, en atteignant une taille critique et en s’internationalisant, a consolidé un modèle qui associe performance économique et contribution écologique.
Une transition sous surveillance
Le passage de relais à ses fils marque une nouvelle étape : la continuité familiale d’un projet industriel qui dépasse aujourd’hui la seule ambition entrepreneuriale. Le défi à venir consistera à maintenir l’équilibre entre croissance internationale, rentabilité et engagement écologique.
En annonçant sa retraite, Jean-Luc Petithuguenin ne signe pas seulement la fin d’un parcours personnel, mais rappelle que les grands groupes familiaux peuvent se hisser au rang de leaders mondiaux tout en conservant une identité forte et enracinée. Paprec, né d’une petite usine en Seine-Saint-Denis, illustre à quel point la gestion des déchets peut devenir un levier stratégique dans l’économie contemporaine.














