80 fragments d’insectes retrouvés : ces cafés cachent bien plus que de la caféine

Le café, ce doux élixir qui réveille (ou qui entretient l’illusion du réveil) chaque matin des millions de Français, fait plus que jamais partie de notre paysage quotidien. Noir comme une nuit sans fin ou adouci d’un nuage de lait, il s’invite à la table de plus de huit Français sur dix au moins une fois par jour. Et si la plupart d’entre nous pensaient n’y tremper que le sucre et la cuillère, l’enquête de 60 Millions de consommateurs réserve quelques surprises… croustillantes.

Café : entre popularité, innovation… et vigilance !

Qu’il dégouline paresseusement d’une cafetière à piston ou qu’il file droit dans une petite capsule design, le café s’est adapté à tous nos modes de vie. Pas moins de 67 % des consommateurs français le préparent désormais via des capsules ou des dosettes, parce que le futur, c’est surtout moins de vaisselle.

Bonne nouvelle : sur 51 références analysées par l’association de consommateurs, aucune alerte sanitaire n’a été signalée. La réjouissance a toutefois ses nuances, car même si la sécurité est au rendez-vous, la perfection, elle, a posé un RTT.

Chaud devant ! Quand torréfaction rime avec transformation

Vous vous demandez peut-être ce que votre dose de caféine quotidienne cache sous sa mousse ? Commençons par ce qui rassure : bio ou pas, aucun résidu de pesticide n’a été retrouvé dans les cafés analysés. Pourtant, ce n’est pas faute de traiter les plants de café à coups de produits phytosanitaires contre les petits tracas du caféier. Le secret ? La torréfaction, qui chauffe la fève à près de 200 °C, pulvérise au passage les molécules indésirables. On peut presque dire que votre café sort du four après 200 °C de sauna…

Mais tout ce qui grille n’est pas rose, hélas. Dans cette fournaise, des composés plus louches peuvent se former, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certaines fractions sont reconnues comme cancérogènes par les autorités sanitaires. Plusieurs références font tache sur le tableau : les capsules Planteur des tropiques (Intermarché), Carte Noire, ainsi que la capsule décaféinée L’Or se sont distinguées par la quantité de HAP relevée.

Pour le café en grains, mention plutôt limite pour Naturela, puisqu’il présente dix fois plus de HAP que les autres, un excès de zèle que l’on aurait préféré éviter. Quant au café moulu Grand’mère, il se retrouve dernier de la classe, affichant une valeur jugée illégale en huiles et matières grasses.

Acrylamide et caféine : tout est question de dosage

Du côté de l’acrylamide – substance qui, elle aussi, aime naître à la chaleur de la torréfaction – la législation exige de rester sous la barre des 400 g/kg dans le café torréfié. On respire : toutes les références se tiennent en-dessous, même si toutes en contiennent un peu. Sur l’échelle de la petite inquiétude, on relève :

  • Capsule Auchan bio : 78 g/kg ;
  • Dosette Lavazza : 345 g/kg (proche du seuil maximal).

Pour les inconditionnels du décaféiné, pas d’angoisse non plus : quatre marques dépassent la moitié du seuil réglementaire (500 mg/kg de café torréfié), mais cela représente à peine 2 à 5 mg de caféine, contre 75 à 100 mg dans un café ordinaire. Autant dire que vous ne risquerez pas de taper le sprint après une tasse de déca !

Le secret le mieux gardé des paquets de café : les fragments d’insectes

L’étude se termine par une chasse aux corps étrangers que l’on préférerait éviter dans sa tasse. Si certains rêvent d’un café corsé, d’autres, sans le vouloir, ont opté pour le café insectisé. Signe d’un tri perfectible, on a compté jusqu’à 80 fragments d’insectes dans le café moulu Bellarom de Lidl. Les grains Alter Eco, souvent vantés pour leur engagement, cachent eux aussi trois petits passagers clandestins supplémentaires. Mais avant d’envisager la grève de la pause-café, rassurez-vous : selon 60 Millions de consommateurs, ces traces ne présentent aucun risque pour la santé. Certains y verront peut-être même une source supplémentaire de protéines… à la mode entomophage.

Pour résumer :

  • Peu (voire pas) de pesticides, merci la torréfaction !
  • Des substances indésirables créées par la chaleur, à surveiller de près.
  • Quelques dépassements capables d’assombrir le tableau, notamment pour certains types d’huiles et de HAP.
  • Et, pour couronner le tout, un soupçon d’insectes, pour qui aimerait booster son apport en exotiques découvertes… sans panique.

En conclusion, si le café français n’est pas parfait, il n’en demeure pas moins sûr pour la santé. Prenez donc votre pause avec le sourire : il contient (parfois) plus que de la caféine, mais reste fidèle à sa promesse essentielle – celui de vous réveiller, quoi qu’il arrive !

 

Misschien vind je dit ook leuk in "Wat is er nieuw"

Partagez votre avis