400 km d’autonomie et batteries recyclées à 90 % : les vrais progrès cachés des voitures électriques

En dix ans, la voiture électrique a pris un virage à 90 degrés, et il serait grand temps que les clichés sur le manque de progrès, d’autonomie ou de solutions recyclables prennent, eux aussi, la sortie ! Plongée dans le (vrai) monde d’aujourd’hui où l’électrique s’émancipe enfin… sans oublier le plaisir du vroum vroum et l’indispensable diversité de nos modes de déplacements.

Où en est vraiment la voiture électrique ? Fini les idées reçues !

Sur Facebook, Sylvain et Pierre (connus pour leurs vidéos délurées de Vilebrequin) ont récemment condensé leur opinion sur les voitures électriques et Tesla en particulier. Autant le travail sur la marque américaine tape juste, autant certains reproches sur l’électrique datent d’une autre époque : dans pas mal de cas, on a pris dix ans d’avance depuis.

Rappel pour les nostalgiques : il y a dix ans, les électriques (hors Tesla) dépassaient à peine 150 km d’autonomie, avec des batteries NiCd ou nickel-cadmium (n’allez pas confondre avec le plomb, pitié !). Chez Automobile Propre, on carburait à la vieille école, collection et restauration de Kangoo électrique 2002 ou Clio 1996 « branchées », tout ça pour limiter l’impact des « anciennes » du weekend. Oui, sans pollution ni CO2, beaucoup auraient continué à s’amuser en Fiat 131 Abarth ou Citroën Ami 6 break ! Mais les électriques, elles, sont passées de l’ombre à la lumière, bien plus sexy que certains modèles thermiques récents.

Tesla, pionnier ou mirage ? Quand la légende rencontre la réalité

L’histoire retiendra sans doute le premier Roadster Tesla, développé autour d’une Lotus Elise, avec une carrosserie en fibre de carbone made in Bretagne (Saint-Méloir-des-Ondes, pour la précision locale). L’infrastructure de recharge maison fait toujours figure de modèle, notamment grâce à sa simplicité. Si des épisodes comme le retard du Roadster 2, du Semi ou du Cybertruck font jaser, avouons-le : Tesla s’est longtemps joué sa survie sur la Model 3, alimentant aussi bien les rêves des boursicoteurs que les débats sur sa valorisation.

Côté Autopilot, trop de confiance et un double discours tiennent du feuilleton permanent. Sylvain, sur ce terrain, n’a rien raté.

Mais la vraie question est aujourd’hui dépassée : Tesla est-il « le futur » ? Pas vraiment. Les voitures chinoises, coréennes et de bien des marques généralistes n’ont plus à rougir et progressent à toute allure. Prendre Tesla pour le seul mètre étalon de l’électrique, c’est oublier la révolution qui s’opère dans tout le secteur.

Batteries, autonomie, recyclage : la révolution silencieuse

Parlons concret. Aujourd’hui, de nombreux modèles affichent 400 km réels d’autonomie, loin des ridicules 125 à 150 km d’il y a moins de dix ans (hors Tesla) !

Et ce n’est pas tout :

  • Puissance de recharge ? Fini la limite à 50 kW : Porsche, Kia, Hyundai flirtent désormais avec les 200 kW et plus.
  • Batteries ? Leur composition évolue pour utiliser moins de matériaux sensibles, les performances montent en flèche, et leur recyclage dépasse 90 %, grâce à l’arrivée de cellules à électrolyte solide et autres formules magiques.
  • Longévité ? On parle maintenant de 5 à 10 ans de vie utile, voire d’une seconde vie comme stockage stationnaire de l’électricité.
  • Lithium ? Les sources se diversifient : eaux thermales, mer, etc. Et au départ, ce matériau n’était qu’un vilain déchet de l’agriculture ! (Voir l’enquête de Marc Muller et Jonas Schneiter dans le documentaire « À contresens ».)

Bref, il double sa capacité énergétique en quelques années dans le même encombrement, et ceux qui pensent que rien n’a bougé pourraient revoir leur GPS.

Électrification à tout crin : illusions, limites et vraie transition

Non, l’électrique n’est plus nécessairement « la seconde voiture » ! Aujourd’hui, de plus en plus de foyers en font leur seul véhicule, ou Monsieur et Madame ont chacun la leur (et toutes deux branchées !). L’affirmation selon laquelle tout acheteur d’une électrique possède aussi une thermique ne tient plus la route. Et non, les voitures électriques n’ont pas gonflé artificiellement le parc familial.

Mais doit-on convertir le parc entier à l’électrique, vite et fort ? Rien n’est moins sûr. La meilleure solution serait passée par un démarrage plus précoce et l’autorisation facile du rétrofit (convertir nos Citroën C3 ou Renault Twingo en version branchée, par exemple), sans regretter le bruit de leurs vieilles mécaniques.

Au-delà, aucune option ne doit être négligée pour évoluer vers une mobilité durable : bioGNV, éthanol, huile usagée, carburants synthétiques… L’entreprise Lyptech, par exemple, montre que les utilitaires peuvent rouler au bioGNV, qu’ils soient essence ou diesel. Et dans cette période de mutation, il n’est pas judicieux de tout miser sur une seule technologie.

Enfin, rappel utile : supprimer le moteur thermique n’est pas une fin en soi. Il faudrait aussi rouler moins, beaucoup moins, si on écoute la logique écologique… Mais vous êtes prêts à le faire, vous ?

Conclusion : la mobilité, oui, mais plurielle et futée !

La transition ne se résume ni au tout-électrique ni à un retour au passé glorieux des thermiques. La petite mobilité (vélo, trottinette, marche…) progresse, les jeunes générations s’y mettent, parfois même sans permis ni youngtimer conduite ! Les transports en commun restent un casse-tête en période d’individualisme triomphant, pandémies aidant.

Si un message doit rester, c’est celui-ci : la mobilité durable doit être plurielle, inventive, ouverte. Ni « pro-électrique », ni « pro-vroum », mais pro-mouvement… et pro-questionnement permanent. À chacun sa voie (asphaltée ou non) !

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