3000 ans sans électricité : la clim écolo venue du désert étonne encore aujourd’hui

Oubliez la télécommande et les factures de climatisation salées : dans le désert iranien de Yazd, une technologie vieille de 3 300 ans fait toujours souffler un vent de fraîcheur sans le moindre kilowatt dépensé. Une prouesse écologique à faire pâlir nos climatiseurs modernes !

Les attrape-vents de Yazd : la climatisation avant l’heure

À Yazd, au cœur du désert iranien, difficile de manquer ces petites cheminées insolites qui dépassent fièrement des toits. Ces tourelles ne crachent ni fumée ni vœux pieux : ce sont les bâdgirs, ou « attrape-vents ». De toutes formes et de toutes tailles, elles incarnent la climatisation écolo par excellence, adaptée de façon magistrale à la rudesse du climat aride.

Un temps reléguées au second plan par l’arrivée des systèmes de ventilation et de clim’ électriques (du genre à faire tourner les compteurs EDF), les tours attrape-vents connaissent aujourd’hui un retour en grâce. Architectes et ingénieurs du monde entier s’y penchent avec curiosité, à la recherche de solutions malines pour garder la tête froide à l’ère des canicules à répétition.

Un miracle sans énergie : quand le vent fait office de coup de frais

Ici, pas besoin de prise ni d’abonnement : les bâdgirs fonctionnent sans électricité, ni carburant, ni même un hamster dans sa roue. Une prouesse qui fait réfléchir, sachant que l’air conditionné et les ventilateurs comptent pour environ 10 % de la consommation mondiale d’électricité. Autant dire que le « génie du désert » aurait sa place dans nos villes congestionnées…

Concrètement, comment la magie opère-t-elle ? Le principe, aussi limpide qu’une eau de source, repose sur la circulation naturelle du vent :

  • Le vent entre à la verticale dans la tour par ses ouvertures.
  • Il descend tranquillement le long du conduit vers la partie la plus basse et la plus fraîche du bâtiment.
  • L’air chaud, plus léger, remonte par un second conduit à contresens, emportant la chaleur hors de l’habitation.
  • Parfois, un bassin ou une fontaine à la base de la tour vient compléter ce tableau rafraîchissant, en permettant de faire chuter davantage la température de l’air.

Le dimensionnement des bâdgirs dépend de la taille du bâtiment et de son volume intérieur, preuve que nos ancêtres ne manquaient pas de jugeote en ingénierie sur-mesure.

Un héritage millénaire qui épate encore

Si l’on remonte le fil du temps, les premiers signes de bâdgirs émergent voilà près de 3 300 ans en Égypte ou en Iran. C’est dans l’Empire perse que la technologie a été perfectionnée et combinée à des systèmes d’irrigation. Yazd, ville pionnière de l’attrape-vent, a d’ailleurs été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2017 pour ses majestueuses tours érigées entre poussière et palace.

Mais pas besoin de billet pour Téhéran pour croiser un bâdgir. Selon la BBC, on recense déjà pas moins de 7 000 variantes de ce système un peu partout en Europe, dont le Royaume-Uni. Et aux États-Unis ? Le Zion Park offre une illustration moderne : son musée utilise une technologie inspirée des attrape-vents persans, sans énergie fossile, et affiche fièrement une différence de température de 16 °C entre l’intérieur et l’extérieur. De quoi faire jalouser le plus green des architectes new-yorkais.

Bâdgir, puits canadien et consorts : la famille des systèmes passifs

Ce n’est pas un cas isolé dans la grande famille du refroidissement passif : les bâdgirs sont, en effet, cousins des puits canadiens ou provençaux, qui exploitent la fraîcheur du sol pour tempérer nos intérieurs. Aucun d’eux ne consomme d’énergie, se contentant d’une subtile géothermie pour aider Dame Nature à souffler le chaud… ou plutôt, le froid !

Moralité : parfois, les trésors du passé n’attendent qu’une chose : qu’on les redécouvre pour inventer l’avenir. Si vous rêvez d’une maison agréable en pleine canicule, inspirez-vous de Yazd ! C’est inventif, poétique… et surtout, ça ne fera pas exploser votre facture d’électricité.

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