Ni chauffage ni climatisation : comment cet immeuble garde 22°C toute l’année

Imaginez : vivre dans un immeuble où la température reste confortable en toute saison, sans jamais entendre le ronron d’un radiateur ni subir les assauts glacés d’une climatisation. Utopie ? Pas pour l’architecte Dietmar Eberle qui, en s’appuyant sur des décennies de recherche et un sens aigu de l’innovation, a fait de ce rêve une réalité !

Quand l’architecture autrichienne donne chaud au cœur (et garde la tête froide)

En 2013, Dietmar Eberle a érigé en Autriche un immeuble tout à fait révolutionnaire. La promesse : ni chauffage, ni climatisation, ni même ventilation mécanique ! Pourtant, à l’intérieur, les heureux occupants profitent d’une température qui oscille entre 22 et 26°C, qu’il fasse une canicule à 30°C dehors, ou qu’on frôle les -10°C. Ce petit miracle thermique a même un nom : le « 2226 » (non, ce n’est pas un code secret, c’est juste pour rappeler la température reine du bâtiment).

Depuis, cet exploit n’est plus l’apanage de l’Autriche. En 2018, un bâtiment identique a vu le jour à Emmen, en Suisse, preuve que l’idée ne gèle pas sur place et traverse les frontières.

Le secret : simplicité, inertie et matériaux naturels

Mais alors, comment fait-on pour garder la température idéale toute l’année sans gadget high-tech ni surconsommation énergétique ? Les réponses sont étonnamment simples (et écolos) :

  • Des murs épais : Ici, pas question de lésiner sur la matière ! Les murs extérieurs sont maçonnés à base de blocs de terre cuite et affichent fièrement 80 cm d’épaisseur. Leur rôle ? Offrir une grande inertie thermique, autrement dit, stocker et redistribuer la chaleur ou la fraîcheur selon les besoins.
  • De l’isolation biosourcée : Les matériaux choisis limitent naturellement les échanges thermiques avec l’extérieur.
  • Des apports de chaleur futés : Ici, c’est un peu la fête du recyclage énergétique : les occupants eux-mêmes, l’équipement bureautique et le soleil qui passe par les baies vitrées sont les principales sources de chaleur. Pratique et économique !

Pas besoin donc de boiler ou de clim’ pour gérer vos coups de chaud (ou de froid). Tout est pensé pour que la structure même du bâtiment fasse le boulot.

Un modèle qui s’exporte… jusque sur les rives du Rhône

L’idée de Dietmar Eberle, soutenu par son cabinet baumschlager eberle, fait des petits. En Autriche, le concept n’a pas seulement séduit les entreprises : un immeuble résidentiel sans chauffage ni clim existe déjà. Mais c’est en France, et plus précisément à Lyon, quartier Confluence, que sera bientôt édifié le tout premier bâtiment de ce type sur nos terres. Le projet, baptisé « Essentiel » (ben oui, pas de superflu !), a été confié au groupe Nexity.

Cette future résidence reprendra les grandes recettes du succès : formes simples, matériaux naturels à la rescousse pour réguler la température et toujours ces fameux murs épais (environ 80 cm, on insiste). Tout ceci confère à la bâtisse une forte inertie thermique, un peu comme une grosse bouillotte qui ne vous lâche jamais, même quand il fait frisquet dehors.

Pas anti-technologie, mais à petite dose…

On pourrait croire qu’avec un tel parti pris, toute forme de modernité technique est bannie. Eh bien non ! Une pincée de technologie vient peaufiner ce bel équilibre : un logiciel sophistiqué pilote la régulation de la température et l’apport d’air frais. Il gère notamment, de manière automatique, l’ouverture de certaines fenêtres. De quoi donner un petit côté « maison connectée »… mais sans les surcoûts ni la galère de maintenance habituels.

Car c’est bien là l’une des philosophies défendues par Dietmar Eberle : aujourd’hui, si les bâtiments requièrent de moins en moins d’énergie grâce à des progrès architecturaux, le budget consacré au chauffage, à la climatisation et à leur entretien pèsera de plus en plus lourd avec le temps. Sans compter leur obsolescence programmée : la structure d’un immeuble vit 80 ans ou plus, mais ses équipements tombent souvent en panne après moins de 20 ans !

Un dernier conseil avant de quitter ces murs douillets (au moins par l’imaginaire !) : la voie du confort durable passe parfois par le retour à la simplicité, à la nature et à l’ingéniosité. Et si, pour rester bien chez soi, il suffisait simplement… de réinventer la façon de bâtir ?

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