Trois ans après, voici l’incroyable effet de l’urine humaine comme engrais

Uriner sur ses tomates ? Voilà une idée qui pourrait en faire grimacer plus d’un… et pourtant, la nature n’a rien inventé de plus efficace depuis des millénaires. Face à la flambée des prix des engrais et aux défis du changement climatique, une pratique ancestrale revient discrètement jardiner dans nos consciences : l’urine humaine comme alliée du potager. Trois ans après son retour dans certains champs du Niger, le miracle (si si) s’est produit. Petite immersion dans cet engouement inattendu !

L’or jaune : un boosteur naturel pour nos cultures

L’idée d’arroser ses légumes avec son urine n’est pas née d’hier : elle remonte à des milliers d’années, alors que l’on ignorait encore tout du NPK et des engrais de synthèse. D’accord, dit comme ça, cela peut paraître peu appétissant – on comprend que la salade ait parfois mauvaise presse dans certains foyers ! Pourtant, du point de vue des plantes, votre urine a tout pour plaire.

  • Azote
  • Phosphore
  • Potassium

Voilà le trio magique qu’on retrouve aussi dans les produits du commerce, à la différence près qu’ici, c’est bio, local, et zéro transport ! Comme le rappelle ScienceAlert, ces éléments participent activement au développement harmonieux de vos végétaux.

Pourquoi cette solution peut tout changer au Niger ?

Prendre soin de ses carottes est déjà un défi. Mais au Niger, où la météo fait souvent sa loi et où les sols s’essoufflent, accéder au marché classique des engrais relève parfois du parcours du combattant. Et – ironie du sort – ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui en manquent le plus cruellement. Beaucoup d’agriculteurs, notamment dans certains coins particulièrement arides, voient leurs récoltes compromises par la sécheresse et l’appauvrissement des terres.

Pour remédier à cette injustice, des chercheurs du National Institute of Agricultural Research of Niger ont décidé de puiser dans ce savoir d’antan. Mais on ne plaisante plus avec la sécurité alimentaire : leur idée fut d’assainir l’urine utilisée, afin d’en retirer uniquement ce qui est bon pour les plantes (azote, potassium, phosphore) et de neutraliser tout agent pathogène persistant.

Le protocole ? Stockez le précieux liquide dans des bidons, à une température n’excédant pas 24°C, et attendez tranquillement près de trois mois. C’est le temps nécessaire pour, comme l’explique ScienceAlert, éliminer les agents indésirables qui auraient survécu dans ce mystérieux jus acide. Après ce repos forcé, l’urine a perdu ses mauvaises fréquentations et devient sûre pour l’usage agricole.

Un essai grandeur nature… et des rendements qui décollent

Qui a testé cette méthode ? Les véritables reines du champ, bien sûr : au Niger, les femmes sont souvent aux manettes des récoltes. Entre 2014 et 2016, ce sont elles qui ont relevé le défi. Certaines ont alimenté leurs terres uniquement avec ce nouvel engrais, d’autres ont tenté le mélange classique avec du fumier animal, et un troisième groupe s’est abstenu de tout traitement.

Au total, il y a eu 681 essais… on ne plaisante pas avec la rigueur scientifique ! Le résultat est sans appel : les femmes ayant pris le parti de l’ingéniosité ont vu le rendement de leur récolte augmenter de 30 % en moyenne. Oui, 30 % ! De quoi faire pâlir d’envie le voisin qui rêve de battre le record du potiron le plus dodu du village. Le succès de l’initiative fut tel que la grande majorité des agricultrices locales ont rapidement adopté la technique.

L’avenir : vers un engrais qui ne coûte (presque) rien ?

Faut-il réserver l’idée aux régions les plus défavorisées ? Les auteurs de l’étude, publiée dans Agronomy for Sustainable Development, voient plus loin. Selon eux, utiliser l’urine comme engrais ne se limite pas aux zones arides. Les pays industrialisés pourraient aussi y trouver un intérêt :

  • Améliorer la durabilité de nos systèmes d’assainissement
  • Réduire la consommation d’énergies fossiles liée à la fabrication et au transport des engrais classiques

Conclusion : Qui aurait cru que la solution à nos pénuries d’engrais pouvait un jour sortir… de notre propre organisme ? À l’heure où chaque goutte compte, il n’est peut-être pas si fou de retrouver dans cette pratique ancestrale un brin de modernité. Et si, cette année, vous testiez l’expérience « or liquide » au potager ? À vos arrosoirs – pour une récolte drôlement naturelle !

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