Qui n’a jamais rêvé de percer un secret vieux de plusieurs siècles, comme dans les romans d’aventure ? Au cœur de l’alchimie et des mystères, un collectif d’esprits passionnés vient tout juste de lever le voile sur un message codé… vieux de 400 ans, et rien de moins que la fameuse formule de la pierre philosophale ! Allons sans plus attendre tremper nos plumes dans cette histoire plus captivante qu’un épisode du Da Vinci Code…
Quand la curiosité rencontre l’Histoire : la découverte d’un carnet énigmatique
Le point de départ de cette épopée ? 2018, dans les archives feutrées de la bibliothèque nationale de Londres. Megan Piorko, laborieuse doctorante plongée dans les arcanes de l’alchimie, tombe sur un objet bien étrange : un carnet cosigné par Arthur Dee, alchimiste et physicien, ainsi que son père John Dee, lui-même célèbre pour ses recherches sur l’alchimie. Très vite, la thèse qu’elle mène prend une tournure romanesque : une page mal orientée, des mots qui semblent sortis d’un générateur de charabia, et un mystérieux tableau de lettres. Bref, tout y est pour exciter la fibre du détective qui sommeille en chacun de nous !
Megan comprend alors qu’elle vient de mettre la main sur ce qui ressemble fort au code d’accès secret… à la recette de l’élixir de longue vie, plus connu sous le nom de pierre philosophale. Le Graal des chercheurs de l’impossible !
Raisonnement, hypothèses et blocages : l’enquêteur face à l’énigme
Un an plus tard, lors du dixième congrès d’histoire de l’alchimie et de la chimie à Amsterdam, Megan partage son énigme avec Sarah Lang, historienne elle aussi. Photos du fameux carnet à l’appui, la page intitulée Hermeticae Philosophiae medulla attire l’œil averti de Sarah : 177 mots de pur mystère. D’accord, le titre en latin est limpide (La moelle de la philosophie hermétique), mais pour le reste, c’est mission impossible.
Ni une ni deux, Sarah tente de décrypter le tout sur sa serviette de table (les grands esprits n’attendent pas d’être au laboratoire). Hélas, le tableau censé dépanner les enquêteurs n’est d’aucune aide si on n’a pas le mot de passe… Et malgré l’expérience des deux chercheuses, impossible de mettre la main sur le précieux sésame.
L’aventure continue alors à l’Institut d’histoire de la science de Philadelphie. Megan et Sarah sont convaincues que le code est en latin, et soupçonnent qu’il s’agit d’un chiffrage dit Bellaso/Della Porta – une méthode de substitution polyalphabétique datant du XVIe siècle. D’après elles, Arthur Dee aurait écrit ce message secret durant la période où il affirmait avoir percé le secret de la pierre philosophale. L’enthousiasme est à son comble : la recette ultime leur tend les bras ! Mais… la porte reste obstinément fermée.
L’éclair de génie numérique : la solution venue du bout du monde
En septembre 2021, changement de stratégie : le duo partage cette chasse au trésor lors d’une conférence virtuelle, ouverte aux férus d’informatique et de cryptologie. C’est un raz-de-marée de réactions ! Les e-mails affluent par centaines, preuve que la pierre philosophale a encore la cote… Dans la pile, un message attire particulièrement l’attention. Simplement intitulé : « Je l’ai résolu ! ».
Son auteur ? Richard Bean, mathématicien et cryptologue australien, dont ce n’est pas le premier décryptage à son actif. Avec ténacité, de l’aide d’algorithmes modernes et un nombre généreux d’essais manuels, il trouve enfin la clé : une phrase en latin, tout droit extraite du mythe de Jason et la Toison d’or. Le mot de passe ? « sic alter Iason aurea felici portabis uellera Colcho ». Ou, en version traduite : « Comme un nouveau Jason, tu emporteras la toison d’or loin de la joyeuse Colchos. »
Vers une nouvelle aube… ou un coup de vieux bien rafraîchi ?
Munis de ce sésame, Megan, Sarah et Richard accèdent enfin à la fameuse recette. Arthur Dee promettait que cet élixir permettrait à « tous ceux souffrant de n’importe quelle maladie de retrouver la santé ». De quoi ravir les amateurs de fontaine de jouvence ! Prochaine étape : s’assurer que la traduction du code est fidèle, avant de passer le relais à une équipe de chimistes pour tester fameuse recette.
- Une histoire où la ténacité et l’esprit d’équipe prennent le pas sur la magie.
- La persévérance, alliée à la technologie moderne, a finalement percé le secret.
- Et si la pierre philosophale était en réalité une belle leçon de collaboration… et peut-être un léger appel à garder la curiosité intacte ?
Après tout, la formule de la jeunesse éternelle n’est peut-être pas celle qu’on croyait, mais attendre ses résultats fait déjà rajeunir les esprits curieux !














