Alors que la demande en électricité explose partout sur la planète, le nucléaire s’offre une seconde jeunesse. Et les chiffres sont là pour le prouver.
Une production historique jamais atteinte
2 670 TWh. C’est la quantité d’électricité produite en 2024 par les réacteurs nucléaires du monde entier. Un chiffre monumental qui bat le précédent record datant de 2006 (2 660 TWh), et confirme que l’énergie nucléaire est loin d’avoir dit son dernier mot.
Ce regain de puissance s’explique en grande partie par la dynamique de l’Asie, qui à elle seule concentre 56 des 68 réacteurs nucléaires lancés au cours des dix dernières années. Rien qu’en 2024, quatre nouveaux réacteurs ont été raccordés au réseau dans la région : trois en Chine, un en Inde. Ailleurs dans le monde, les Émirats arabes unis, les États-Unis et la France ont chacun inauguré un réacteur supplémentaire.
Des réacteurs vieillissants, mais performants
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’âge des centrales nucléaires ne nuit pas à leur efficacité. Selon le rapport publié par la World Nuclear Association, le facteur de capacité moyen en 2024 s’élève à 83 %, preuve que les réacteurs tournent à plein régime, même après plusieurs décennies de fonctionnement.
Aujourd’hui, l’âge moyen des réacteurs nucléaires dépasse les 30 ans, notamment aux États-Unis et en France, où beaucoup d’infrastructures datent des années 1980. Et malgré cette ancienneté, la France a représenté 13,5 % de la production nucléaire mondiale en 2024. Une performance qui souligne le rôle central que joue encore l’Hexagone dans ce secteur stratégique.
Le nucléaire, pilier du mix bas-carbone
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale en électricité a grimpé de 1 200 TWh en 2024. Pour répondre à cette hausse, les énergies renouvelables ont assuré 80 % de l’augmentation de capacité, notamment grâce à l’essor du solaire et de l’éolien.
Mais les experts sont unanimes : décarboner complètement le mix énergétique nécessitera de combiner renouvelables et nucléaire, sans quoi l’objectif de neutralité carbone restera hors d’atteinte. D’autant que, malgré l’élan affiché, seulement neuf nouveaux chantiers de réacteurs ont été lancés dans le monde en 2024.
Le SMR, une piste prometteuse pour l’avenir
L’une des grandes évolutions attendues du secteur repose sur les petits réacteurs modulaires (SMR). Ces unités nouvelle génération, plus compactes et en partie industrialisables, pourraient permettre une montée en puissance plus rapide et moins coûteuse du nucléaire.
L’idée ? Implanter ces mini-centrales dans des zones moins accessibles, voire pour des usages spécifiques (industriels, îles, zones isolées), tout en garantissant des niveaux de sécurité élevés et une empreinte carbone minimale.
Mais pour l’instant, la réalité est que la demande énergétique croît à un rythme tel que même les pays les plus avancés peinent à suivre. Exemple frappant : la Chine, malgré 212 GW de capacité solaire installée en seulement six mois début 2025, continue d’augmenter sa production d’électricité issue du charbon.
Ce qu’il faut retenir
Le nucléaire ne fait plus l’unanimité, mais il s’impose comme un levier incontournable pour répondre à la crise climatique tout en assurant la stabilité du réseau électrique mondial. Avec des infrastructures vieillissantes mais robustes, et de nouveaux projets porteurs comme les SMR, l’atome revient dans le jeu énergétique mondial avec une force qu’on n’attendait plus.
Et si 2024 n’est qu’un avant-goût, il est fort probable que les années à venir confirment ce retour en grâce de l’énergie nucléaire, au cœur d’un mix énergétique en pleine transformation.














